Le syndicat Action directe (Priama Diia ) dénonce un projet de réforme à l’université et détaille dans un long document son contenu. Extraits ci-après sur certains points de la «réforme».

Récemment, le vice-ministre ukrainien de l’éducation et des sciences, Mykhailo Vynnytskyi, a donné de nouveaux détails sur les changements prévus dans le système éducatif.

Une fois de plus, le grand public prend connaissance des caractéristiques des réformes structurelles de manière indirecte, par le biais d’interviews, plutôt qu’en participant directement à un débat public. Cette situation inquiète déjà certains groupes de citoyens concernés : en particulier, le Syndicat des travailleurs de l’éducation et de la science, le Conseil de l’enseignement supérieur et le Conseil de la jeunesse qui réclament un système de communication plus transparent et se sont déclarés prêts à coopérer avec le ministère.

Action directe partage l’inquiétude concernant ce travail « de l’ombre » des fonctionnaires. Quelles sont les innovations dont Mykhailo Vynnytskyi nous a parlé ?

M. Mykhailo a exprimé l’opinion suivante : « Lorsqu’un étudiant paie pour son éducation, la valeur de cette éducation augmente pour lui. Il comprend qu’il investit lui-même dans ce projet« .

Sur les bourses d’études

Mykhailo Vynnytskyi souligne à juste titre que les bourses d’études en Ukraine sont extrêmement faibles et ne peuvent répondre aux besoins des étudiants. Le nouveau système offre une solution à ce problème en réduisant le nombre de boursiers à un groupe restreint dont l’éducation sera entièrement financée par l’État. Il s’agit avant tout de spécialités d’importance stratégique, comme les médecins, les ingénieurs en électricité, les enseignants et les travailleurs du secteur des transports, tandis que les spécialités « moins importantes » ne bénéficieront d’aucune bourse.

En outre selon le ministère, la solution consiste en un système de bourses qui permettra de couvrir les frais de scolarité proportionnellement aux résultats obtenus aux examens

Réduction du personnel enseignant

Action directe a été surprise par les propos concernant la nécessité d’une compétition non seulement pour les étudiants mais aussi pour les enseignants. Selon le vice-ministre, les bas salaires des enseignants sont dus à une sorte de saturation du marché. En d’autres termes, il y a trop d’enseignants et pas assez d’étudiants -nous avons besoin de concurrence pour que seuls les établissements valables et les meilleurs enseignants restent sur le marché du travail.

« Les enseignants qui ne font pas preuve de réussite scientifique et pédagogique seront si peu rémunérés qu’il ne sera plus rentable pour eux de travailler à l’université pour un simple salaire « 

Au lieu de se pencher sur les conditions de travail des enseignants et de résoudre le problème des heures supplémentaires, le gouvernement propose à nouveau, de manière inattendue, des réductions.

Les problèmes de la nouvelle « réforme »de l’éducation restent les mêmes : manque de transparence, manque d’informations spécifiques et une série de coupes prévues.

Les tentatives d’amélioration de notre système éducatif doivent être soutenues, discutées publiquement et avec la participation de ceux qui s’y intéressent, principalement les étudiants et les enseignants. Comme le montre la réunion du syndicat des travailleurs de l’éducation et de la science et les activités d’un certain nombre d’organisations d’étudiants, dont nous faisons partie, la seule question est de savoir si le ministère y est prêt.

Réduire le nombre d’universités

Le vice-ministre de l’éducation accueille favorablement l’objectif de réduire le nombre d’établissements d’enseignement public de 170 à 100, expliquant que le nombre d’étudiants dans le pays est trop faible et que l’infrastructure éducative précédemment en place n’est plus nécessaire.

Action directe (Priama Diia)

28 décembre 2023

Source : correspondance RESU, Patrick Le Tréhondat