C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris, vendredi 18 août, la mort de Nicolas Trifon. Nous n’aurons pas la prétention d’en faire ici une esquisse biographique que ses amis les plus proches sauront bien mieux réaliser s’ils le souhaitent. Mais nous devons dire ce que fut pour nous Nicolas Trifon : un de ces anarchistes dépositaires d’une indispensable mémoire avec qui fraternité et complicité se sont affirmées suite au tournant historique du 24 février 2022.
Né en 1949, d’un père professeur d’économie et d’une mère médecin, Nicolas Trifon a grandi dans la Roumanie soi-disant communiste qu’il quitte pour la France en 1977, mais ne quitte pas par ses combats et ses travaux, organisant la solidarité avec les syndicalistes indépendants, animant le bulletin anarchiste Iztok et, par la suite, étant un pilier du blog Courrier des Balkans, et obtenant un doctorat à l’EHESS en 1983 sur la langue aroumane, peuple balkanique dont plusieurs de ses ancêtres étaient issus.
L’anarchisme de Nicolas Trifon n’était pas une doctrine, mais une tradition humaine, et c’est notamment en cela que nos démarches se croisent en profondeur : les traditions politiques et programmatiques ne sont pas des doctrines et encore moins des dogmes, mais des réservoirs de récits et de savoirs qui alimentent le présent pour faire un avenir. Cette tradition vivante et non contraignante se conjuguait chez lui avec la culture polyglotte d’un homme de cette Mitteleuropa que les traités de Versailles suivis d’Hitler et de Staline ont si malmenée. Son étincelle continuera : salut et fraternité à Nicolas Trifon.
La rédaction.
Voici la brochure dans laquelle Nicolas Trifon avait, entre autres, traduit en roumain plusieurs articles et billets de Vincent Présumey sur l’Ukraine :


