Macron est engagé dans un coup d’État rampant pour rétablir un État fort sous un pouvoir présidentiel puissant, ce qui est loin d’être fait. Les lenteurs et limites du « remaniement » gouvernemental, et la faible portée de ses discours signant la fin des prétendus « 100 jours », ont fait ressortir ses difficultés.
La crise de l’État connaît de nouveaux développements en raison de la pression exercée par les prétendus « syndicats » policiers, qui sont en fait des ligues factieuses, menés par Alliance. Les préfets des Bouches-du-Rhône et de Paris et le Directeur Général de la Police Nationale, ont apporté leur soutien aux flics qui ont laissé pour mort un jeune (basané bien sûr …), et à la « revendication » d’exempter les policiers poursuivis de toute prison préventive.
Le soi-disant « bloc syndical » mené par Alliance (qui draine l’UNSA, Synergie-officiers et d’autres officines, Unité-SGP-FO renchérissant dans le même registre), se félicite d’avoir eu de Darmanin l’assurance de la non-mise en détention d’un policier quoi qu’il ait fait (le ministère de la Justice n’a rien dit !), que toutes les primes seraient maintenues en cas de détention, que l’État apporterait pleine protection juridique et financière aux poursuivis, et que l’anonymat des coupables serait garanti. Clairement, le passage du fait au droit érigeant les policiers en caste dotée du permis de tuer, frapper, agresser, est mis en marche.
Ce début de basculement ne correspond pas à l’affirmation de la force présidentielle mais plutôt à la manifestation de sa faiblesse, insistons-y. Simultanément, Macron est confronté au coup d’État au Niger, premier coup d’État non manigancé par la France dans ce pays, qui signe son bilan catastrophique, du point de vue des intérêts bien compris de l’impérialisme français.
La crise du régime et de l’État inquiète tous les secteurs attachés à l’ordre social qui se sont résignés, après l’aval du Conseil constitutionnel à la loi Macron contre les retraites, à garder Macron malgré les risques, et suscite des réactions qui disent « casse-cou », forçant certaines forces politiques attachées à la V° République et donc au maintien de Macron à donner l’alerte : il ne va pas être possible de tenir encore longtemps à ce rythme.
Olivier Faure appelle, et c’est fort bien, à la démission de Darmanin. Des secteurs importants du PCF s’affolent de la « ligne Roussel » qui cautionne trop ouvertement « la loi et l’ordre » et appellent à se joindre au reste de la NUPES pour imposer le « rétablissement de l’ordre républicain dans la police ».
Nous ne croyons pas une seule seconde au rétablissement de l’ordre républicain dans la police, mais nous appuyons tout ce qui peut aider à lever les obstacles mis à la mobilisation démocratique en défense des libertés publiques, mobilisations qui ne peut qu’aller vers l’affrontement avec Macron sans attendre quelque échéance institutionnelle que ce soit.
C’est pourquoi Aplutsoc apporte tout son appui à l’appel à manifester le samedi 23 septembre (ci-dessous) lancé notamment par la CGT, la FSU et Solidaires, ainsi que la LFI, EELV, Ensemble, le NPA « B », le POI, diverses associations. Cet appel prolonge l’appel du mois de juin « Le pays est en deuil et en colère » qui demandait à Macron et au gouvernement de « prendre leurs responsabilité ». Nous constatons que cette demande n’est pas réitérée ainsi dans ce nouvel appel, tant il devient inconcevable de demander à Macron et Darmanin de « prendre leur responsabilité » alors même que, contre les libertés publiques, ils les prennent.
Les revendications formulées sont des minima présentés comme des « réponses immédiates et dans l’urgence » à exiger. A exiger de qui ? L’appel évite de le dire, tant il devient inconcevable de demander à Macron et compagnie de « réformer la police ».
Alors, oui à la préparation de manifestations de masse contre Macron et Darmanin, pour les libertés publiques, le 23 septembre. Que les familles, habitants et groupes victimes du racisme policier puissent décider des actions et formes d’actions pour leur défense. Et que le syndicalisme cesse d’appeler « syndicats » les officines factieuses de la police et les traitent en ennemis mortels !
La NPA B , ça n’existe pas
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T’es un dur, toi, on avait mis des guillemets … 🙂
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Avec ou sans guillemets, ce NPA B n’existe effectivement pas, même si la formule permet de le distinguer de l’ex-plateforme A du dernier congrès de décembre 2022, qui prétend abusivement continuer le NPA tout en ayant combattu depuis longtemps bon nombre de ses orientations, tout en construisant des organisations parallèles indépendantes, mais dans lequel les porte-paroles sont absent·e·s. Il n’y a donc qu’un seul NPA qui assume la continuité politique et organisationnelle du parti. On peut espérer que les négociations en cours permettront de clarifier les choses, notamment sur les noms.
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gérard gueniffey, putois ! ouvre tes mirettes ! bin sûr qu’il y a deux NPA et d’ailleurs certains du B par leur totale intransigeance (un certain Saligingue, non ? alors qu’un ultime accord pouvait être passé avec au moins l’étincelle et sans les fumures gaelienes l’ont permis aussi ! mais du passé ; un constat et le NPA C marche pas trop mal, comme toi ça ne me plait guère mais de même que RP est en pleine ascension, ils sont très bons et jeunes dans leur agit’ prop’ et militantisme de terrain, vl’à tout, nous on vieilli et on est mauvais, mas sur tout heureusement !
signé Pastèque ! encore militant du NPA B mais après l’affaire LD vs Solidaires je ne sais !!
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Donc si je comprends bien, il y a plusieurs NPA mais certains n’existent pas, mais tous ne font qu’un, bien qu’il y en ait deux, et peut-être trois. Cette question du rapport entre unité, dualité et triplicité a été traitée à fond il y a bien longtemps, au concile de Nicée en 325, et les experts réunis par l’empereur Constantin ont conclu qu’il y avait là un mystère, à accepter comme tel par les pauvres pécheurs que nous sommes. Certains empereurs ont même tenté d’interdire d’en débattre, car partisans de l’existence et de l’inexistence, de l’unité et de la pluralité, avaient une fâcheuse tendance à en venir aux mains (au concile d’Ephèse, en 434, les combats entre tenants de l’unité et tenants de la dualité auraient même fait une quarantaine de morts). A Aplutsoc, nous allons sans doute garder un certain agnosticisme sur cette grave question, en tant que pauvres pécheurs. Et beaucoup de sympathie aussi, bien entendu.
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