Qu’elles qu’en soient les motivations et les arrières-motivations supposées, l’appel Organisons-nous pour construire l’alternative (lancé, de fait, par le NPA dit « B » publiant l’Anticapitaliste, Ensemble, et le groupement « Rejoignons-nous »), a le mérite d’exister. Il est évident qu’il faut discuter largement entre militants de différents secteurs et que la volonté d’une « alternative » est plus vivante que jamais, en tout cas que depuis longtemps.
Je voudrais expliciter ici les raisons pour lesquelles Aplutsoc compte y participer. La première raison est ce qui vient de se passer, le mouvement pour les retraites et contre Macron, qu’on ne saurait séparer des développements immédiats : la dissolution des Soulèvements de la terre, et, depuis cette nuit, les émeutes urbaines suite à l’assassinat policier d’un jeune.
Le texte Organisons-nous …évite de tenter réellement un bilan de ce qui vient de se passer, et peut donc, une fois n’est pas coutume pour beaucoup de ses tout premiers signataires, donner une impression d’optimisme exagéré. Ce qu’il retient c’est le renforcement des liens par les mobilisations. Il a bien raison de retenir cela ! Car « l’union grandissante des travailleurs » (vrai résultat des grèves disait le vieux Marx) est bel et bien ce qui s’est produit, avec son contenu politique, en France ces derniers mois. Mais nous n’avons pas gagné, nous avons, encore une fois, subi une défaite revendicative.
Alors, la situation, ascendante ou descendante ? Concrètement les choses ne se présentent pas ainsi. Une situation n’est que rarement tout dans un sens ou tout dans l’autre. La situation française est instable et intenable, pour ceux d’en haut comme pour ceux d’en bas. C’est pourquoi Macron frappe. Toute latence, toute attente apparente, tout temps suspendu, ont été maintenant écartés par la dissolution des Soulèvements de la terre. Ils doivent attaquer pour ne pas reculer.
Par conséquent, de larges secteurs de la jeunesse intègrent, sentent, qu’on va vers des affrontements – physiques. Que ces affrontements, comme à Sainte-Soline, vont de plus en plus porter sur la défense du vivant, contre le capital. Des grèves spontanées éclatent comme à Disneyland, ou encore, sans médiatisation, des milliers d’enseignants dans les collèges rejettent le « Pacte » que veut leur faire avaler Macron. C’est l’affrontement politique « central » qui n’a pu aboutir durant le mouvement pour les retraites qui se cherche à nouveau, directement, par divers canaux.
Nous avons un point d’accord avec la critique, qui se veut impitoyable, faite par le camarade Morsu, de cet appel : il fallait une marche sur Paris, Elysée ou Assemblée, pour le retrait, et l’intersyndicale a tout fait sauf ça – on pourrait même dire qu’elle a tout fait pour ne pas faire ça.
Mais ce point d’accord nous l’avons, du coup, aussi avec le NPA « B » qui, à un moment donné entre fin avril et fin mai, a formulé la nécessité d’une telle manifestation centrale, et même la perspective de chasser Macron et d’imposer une constituante par en bas. Ce fut, certes, assez fugitif et espérons que les camarades qui ont pris cette position s’en rappellent. Mais cela est assez rare pour être souligné. Et cela pèse, par conséquent, dans la volonté d’Aplutsoc d’être dans la discussion que le 2 juillet doit ouvrir.
Une deuxième chose pèse beaucoup pour nous, qui n’est qu’évoquée furtivement, trop furtivement, dans le texte d’appel : c’est l’Ukraine. Depuis le crime de Nova Kakhovka nous entrons dans une nouvelle phase, qui est aussi celle de la marche sur Rome avortée (la 3° Rome) de Prigojine. Ces questions doivent être mises, si l’on se veut révolutionnaire, au centre des discussions et actions en France, avant qu’elles ne s’y imposent d’elles-mêmes, par exemple en cas … d’irradiation du continent.
Nous savons que l’existence même du RESU doit beaucoup au réseau international formé par l’organisation héritière du nom de IV° Internationale, et, oui, cela pèse, cela ne peut pas ne pas être pris en compte.
Si j’ai des réserves à émettre sur le texte Organisons-nous …, que j’ai signé, c’est qu’il n’est pas assez concret de manière immédiate sur les urgences politiques et sur les urgences internationalistes. L’Ukraine est une urgence internationaliste qui, d’emblée, si on en tient compte, permet et nécessite des reclassements politiques. La situation française est une urgence politique. Précisons.
La première chose à attendre, le BA-ba mais sans cela il n’y a rien, c’est un appel à la mobilisation partout, sans préalable ni conditions idéologiques particulières, à la défense des libertés démocratiques, contre la dissolution des Soulèvements de la terre.
Ceci fait, quel est l’enjeu ici et maintenant ? Il n’est pas de préparer, et donc d’attendre, 2027, ni même 2024 (les Européennes). La question du pouvoir se pose maintenant. Elle s’est posée pendant le mouvement sur les retraites et si Macron attaque c’est parce qu’il sait qu’elle n’est pas réglée, mais que la voie de la solution est barrée par les directions mêmes des organisations et partis qui se réclament des travailleurs et de leur émancipation. Unir et centraliser les mobilisations contre lui, c’est aller vers son renversement. Cela il faut le dire.
Cela requiert, de la part de beaucoup des initiateurs du débat qui s’ouvre, de surmonter une ancienne antinomie entre « les luttes » et « les institutions ». Les luttes réelles affrontent les institutions réelles, c’est-à-dire Macron et la V° République, ses préfets, ses commissaires, ses recteurs, ses directeurs d’ARS …
C’est pour cela qu’il faut « une nouvelle force démocratique et pluraliste, pour la justice, l’égalité et la démocratie, pour les solidarités internationales … », mais ceci n’est pas un objectif « à terme ». Que veut dire « à terme » ? 2024 ? 2027 ? La fin du monde ?
Non, c’est un objectif qui se construit dans l’action commune et la discussion tout de suite, pour stopper et donc pour renverser Macron. Et c’est ainsi et pas autrement que, si on n’y est pas arrivés mais qu’on a toutefois avancé en menant cette bataille, il sera possible d’aborder les « échéances électorales » autrement qu’en passant d’un pôle de la dichotomie « les luttes et les institutions » à l’autre, justement par la formation d’une force politique visant réellement à détruire l’Etat de la V° République.
C’est pour cela, d’ailleurs, que les organisations actuelles ne « suffisent » pas. C’est pour cela que, sans chèque en blanc et en n’en demandant pas pour nous-mêmes, nous voulons être dans cette discussion.
Je dois ouvrir encore une petite parenthèse par rapport à une question soulevée par P. Morsu, celle de la thématique concernant l’ « islamophobie » et tout ce qui tourne autour. J’ai écrit bien des choses là-dessus, que je peux contresigner à nouveau. Mais jamais que l’appareil d’Etat, en France, ne serait pas raciste : car il l’est. Pas parce qu’il est « blanc », certes, parce qu’il est l’Etat, l’Etat capitaliste, l’Etat capitaliste de la V° République.
De plus, il y a l’Ukraine – oui, l’Ukraine et les camarades ukrainiens nous poussent à refonder nombre de questions pratiques et théoriques, et celles que désigne le vocable bien maladroit d’ « intersectionnalité » en font partie. Je rassure Pascal, je ne fais pas de coming out à la sauce Vatican II (lol !), mais je me base, là comme sur les autres sujets, sur la lutte des classes.
Agissons concrètement, tel est le sens de la discussion, telle est sa nécessité.
VP, le 28/06/23.
Tous les « politiques » complètement dépassés ?
EMMEUTES PARTOUT :
La nuit a été particulièrement chaotique en région parisienne et dans la métropole lilloise. Les émeutes ont été d’une ampleur rarement vu.
https://twitter.com/AnonymeCitoyen?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1350169921817337856%7Ctwgr%5E%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fyetiblog.org%2Farchives%2F29311
Les émeutes se sont intensifiées la nuit passée, dans les métropoles de Paris, Lyon, Lille, Toulouse, Bordeaux et Rennes. En Ile-de-France, les flics étaient débordés par leurs émeutiers. Des jeunes ont fait face aux forces de l’ordre qui tiraient des lacrymogènes et des balles de LBD, réagissant avec des tirs de mortiers et selon certains reportages des cocktails Molotov.
Des jeunes ont saccagé et brûlé des commissariats ou des locaux de police à Trappes, Neuilly-sur-Marne, et Dammarie-les-Lys. Des affrontements avec les forces de l’ordre ont aussi éclaté dans les 14e, 15e et 19e arrondissements de Paris intra muros.
https://www.wsws.org/fr/articles/2023/06/29/rmwc-j29.html
Faute d’avoir mesuré la situation génerale depuis des mois, refusé de prendre en compte
l’exigence de justice, résumée par le slogan Macron destitution, on est tout nus.
Le manque d’organisation n’est que la conséquence d’une erreur politique, ignorer la vie : séparer retraite , salaire et revenu ?
Pas de revendications unitaires ;
Aucun mot d’ordre pour des hausses identiques (300 €) pour tous) de salaire, de retraite et d’indemnités chômage , d’ou l’abstention dans les luttes pour le retrait, des masses de chômeurs, salariés et même en grande partie des petits retraités.
L’inflation pourtant est la même pour tous….
Comme pendant la lutte contre la réforme des retraites au printemps, la seule voie pour aller de l’avant est une lutte de la classe ouvrière et des prolétaires sans revenus ; pour faire chuter Macron.
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« Dehors Macron » est le mot d’ordre qui peut unifier TOUTES les colères et toutes les revendications.
Des comités d’action sur tous les lieux de travail et de vie, fédérés à tous les niveaux , pour préparer une montée en masse à Paris, une manifestation centrale à l’Elysée, pour un Gouvernement ouvrier, rassemblant toutes les catégories populaires et la jeunesse.
Et surtout ne pas se subordonner à l’Intersyndicale et ses 15 journées d’action, organiser le « débordement des appareils » qui protègent les institutions de la Cinquième république et le système capitaliste.
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La vie a décidément plus d’un tour dans son sac et confond plus rapidement qu’attendu les atermoiements des forces politiques : il va falloir sans doute que le forum du 2 Juillet assume des responsabilités plus tôt qu’il ne s’y préparait… Il y a urgence de provoquer une réponse de toutes les forces démocratiques aux violences policières du régime et d’entamer la contre-offensive contre Macron-Darmanin !
https://blogs.mediapart.fr/marc-daniel-levy/blog/290623/la-ldh-peut-et-doit-appeler-manifester-justice-pour-nael-et-sa-famille
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Entièrement d’accord avec votre commentaire et vos articles et commentaires sur le blog de médiapart depuis. Merci.
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Desire plus d’info sur vos positions sur l’ukraine .
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Pour connaitre nos positions sur l’Ukraine, le plus simple est de reprendre le fil de notre rubrique Ukraine :
https://aplutsoc.org/category/ukraine/
Nous soutenons la lutte du peuple ukrainien contre l’agression impérialiste et génocidaire de Poutine.
Les troupes russes doivent quitter le territoire ukrainien totalement et immédiatement ; les frontières doivent revenir en leur état de 2014. Le peuple ukrainien a le droit de s’armer pour réaliser sa lutte de libération nationale.
Nous soutenons la lutte des travailleurs ukrainiens contre le néo-libéralisme avec leurs syndicats et les organisations ou associations qui font le mouvement social et politique à gauche dans le pays.
Nous participons aux activités du RESU (Réseau Européen de Solidarité avec l’Ukraine).
Nous combattons les « campistes » c’est-à-dire ceux qui, sous prétexte que l’impérialisme se résumerait aux seuls USA, ferment les yeux sur les crimes des autres puissances ou appuient celles-ci contre les USA. Le système impérialiste mondial voit la concurrence de plusieurs pôles ; cette compétition pose la question du partage et du repartage du monde avec des crises et des conflits majeurs.
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