Droit à la sûreté bafoué : devoir d’insurrection !

Nous écrivions samedi 13 juillet : «l’exécutif est tellement fébrile pour le 14 juillet qu’on peut prendre les paris : sa police va causer des incidents dont on risque d’entendre parler …». Il n’y avait malheureusement pas de mérite particulier à écrire cela.

Un an après le début de l’affaire Macron/Benalla (appelons-la par le nom le plus exact), le 14 juillet a vu des arrestations préventives (la cible du premier 14 juillet visait justement la Bastille où se trouvaient des gens désignés par lettres de cachet !), puis des embarquements massifs de gens conspuant Macron ou qui se trouvaient là : 180 personnes ont été interpellées «en marge» du défilé, selon la préfecture de Paris, et 38 placements en garde à vue dont 13 se poursuivaient à 19h selon le parquet de Paris .

On a vu aussi, témoin de l’énervement cultivé parmi les forces dites de l’ordre, un «gradé» venir jouer les grandes gueules cherchant «le contact».

Et pendant ce temps, la préfecture de Nantes n’a pas pris des dispositions pour des recherches massives du corps du jeune Steve Caniço, très probablement noyé dans la Loire en raison d’une agression policière de masse commise dans la nuit suivant la fête de la musique.

Et pendant ce temps, les Benalla et les … De Rugy, courent toujours. Et pendant ce temps, il est demandé aux géants du Net de nettoyer en temps réel tous les contenus dits «haineux» : privatisation de la poursuite des délits de presse.

Et pendant ce temps, la loi Blanquer invente l’exigence d’«exemplarité» et d’«engagement» des enseignants, catégorie juridique inconnue, ovni ministériel. Et pendant ce temps …

Ce qui est en cause est le droit à la sûreté (article 2 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789) conjugué à l’État de droit, c’est-à-dire au fait que l’État est soumis aux lois. Le droit à la sûreté comporte la sécurité, mais pas réduite au sens « sécuritaire » où l’on veut la ramener : c’est la sécurité contre tout arbitraire, à commencer par celui du pouvoir souverain.

La V° République de Macron est partie à la dérive. Certes, les ex-colonies (DOM-TOM) et certaines « banlieues » étaient déjà des zones de non-droit, c’est-à-dire non pas des zones où l’État serait absent, mais où l’État est sorti du droit (et a souvent éliminé les services publics). Mais il y a généralisation. Ce qui conduit à un nouveau régime, semi-dictatorial.

Cette dérive, qui n’est pas propre à la France, y présente cependant deux particularités :

Macron se présente comme le gardien du libéralisme et des libertés et l’antithèse des Salvini et des Orban dont il est, bel et bien, l’émule dans les faits.

Macron est pour l’instant à chaque fois un peu plus affaibli lorsque son pouvoir porte atteinte au droit. Ce sont la peur et la faiblesse qui le mènent.

Par où passe le droit ? Par son éviction. La déclaration des droits de 1793 l’avait précisé : si l’État bafoue le droit à la sûreté, s’il y a tyrannie, alors l’insurrection est «le plus sacré des devoirs». Pour une république démocratique respectant le droit à la sûreté !

15-07-2019.

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