Soyons clairs et nets : ce qui s’amorce au Brésil,  ce sont des bandes de petits et grands bourgeois, de petits et grands patrons, de nervis, de tueurs à gage, de petits chefs, de flics, de clientèles mafieuses, d’évangélistes, de pentecôtistes, qui vont lyncher en masse : les homos, les syndicalistes, les paysans sans terre, les indiens, les intellos, les pas-comme-il-faut.

Au Brésil le seuil est franchi. Il y a là un mouvement ouvrier – et paysan – que des meutes, des hordes, veulent anéantir physiquement. Avec lui, les homosexuels, les femmes « libérées », les intellos … Il n’y a pas une forme unique de bandes de type SA qui bastonnent, pillent et violent. Mais des bandes de lyncheurs, des groupes de tueurs, s’interpénétrant avec police et armée, oui, c’est évident.

De plus, il nous faut analyser la banalisation de la référence à la torture en tant que référence positive chez Bolsonaro, après que pendant 7 années Bachar a massivement torturé avec, en somme, les bons vœux à lui accordés par le silence de tous les grands de ce monde.

Cette invocation positive de la torture est un signal politique d’ultra-violence, ce n’est pas simplement un « langage décomplexé » comme disent les gentils commentateurs. La question contre Bolsonaro, c’est bien entendu le vote Haddad dans tout le Brésil dimanche 28. Mais cela ne suffit pas. Les bandes s’apprêtent à déferler même voire surtout s’il ne gagne pas le scrutin qui, d’ores et déjà, va se dérouler dans le terreur.

Militants du PT, de la CUT, du MST, de Conlutas, du PCdoB, de l’UNE, du PSOL, du PSTU … ont la responsabilité de s’unir dans l’urgence, et dans la rue, d’organiser la protection des locaux et des personnes, et l’autodéfense. Oui, de s’armer. Un premier échec physique infligé à ce qu’il faut appeler, maintenant, les bandes fascistes en formation, pourrait peut-être avoir une grande portée.

En France, partout, il faut passer aux manifs de solidarité. En espérant que nous n’aurons pas à manifester dans quelques mois pour exiger l’accueil des réfugiés brésiliens.