28 avril 2018 : Libre débat pour une alternative politique

Tous les secteurs du salariat, actifs, chômeurs et retraités, et la jeunesse, sont en train de chercher voies et moyens pour affronter le pouvoir exécutif « macronien ».

Celui-ci en effet, après avoir remporté une première victoire contre les droits sociaux et démocratiques par ses ordonnances contre le code du travail, a désigné les cheminots comme la cible à abattre, au compte du capital dans son ensemble.

Mais une lame de fond s’est progressivement levée à partir des mouvements des EHPAD et des retraités, notamment.

C’est cette lame de fond qui a donné un caractère général, c’est-à-dire un caractère politique d’affrontement avec le pouvoir, à la grève appelée par la majorité des fédérations de la fonction publique le 22 mars dernier, et elle s’est du même coup étendue et approfondie.

C’est cette lame de fond qui, en faisant en sorte que les cheminots ne soient pas isolés, a conféré force et puissance au début de leur grève le 3 avril.

C’est cette lame de fond qui porte la mobilisation progressive de la jeunesse étudiante et lycéenne, qui a été confrontée à plusieurs agressions et provocations d’extrême-droite suite au 22 mars.

C’est à présent cette lame de fond qui soulève les questions politiques essentielles : combattre l’ensemble de la politique de Macron, construire dans l’unité et dans la lutte une alternative, réaliser l’unité dans la grève. Ces besoins politiques sont liés entre eux.

Nous n’en sommes donc plus au moment de la prise de conscience de la généralité des attaques menées par ce gouvernement et ce président et l’assemblée-bidon qui les accompagne, même s’il existe des inégalités d’un secteur à un autre. En attaquant tous azimuts, l’exécutif macronien de la V° République suscite le besoin politique d’une lutte sociale se généralisant en se centralisant contre lui.

Il en va de l’avenir des enfants et des jeunes à commencer par leur droit aux études, il en va du traitement accordé aux vieux, il en va de ces éléments de civilisation que sont le droit du travail, les services publics, les statuts de la fonction publique et de la SNCF, la protection sociale, la laïcité, et cette défensive devient offensive en exigeant l’extension des services publics et non leur atrophie, la hausse des salaires, retraites, pensions et minima sociaux et non leur baisse réelle.

Les données d’un affrontement général, d’une explication d’ensemble classe contre classe, majorité contre minorité capitaliste, se mettent en place. Nous n’allons pas plus vite que la musique en disant cela : notre propos n’est pas d’accélérer à tout prix l’affrontement, qui aura lieu, qui germe et qui monte, notre propos concerne les conditions de sa victoire, ou non.

Car non seulement l’exécutif macronien de la V° République annonce et assume un avenir bouché pour le plus grand nombre, fait de petits boulots, d’ubérisation et de non-droits, mais, comme l’indiquent les nombreux « incidents » liés à l’ultra-droite depuis l’affaire de Montpellier du 23 mars dernier, il nourrit la pire réaction : sa victoire conduirait soit à l’arrivée au pouvoir de cette dernière, soit à l’installation d’un macronisme pérenne et autoritaire dans une société brisée.

Il est évident que l’immense majorité n’en veut pas et que ce qui est, de plus en plus, à l’ordre du jour, n’est pas ce mauvais scenario, mais l’affirmation démocratique de l’affrontement social nécessaire et salutaire.

Le blog Arguments pour la lutte sociale et deux camarades, Robert Duguet et Philippe de Maistre, membres fondateurs d’une association qui était en octobre en voie de se constituer : l’Espace Citoyen du Val d’Yerres (91), ont participé le 22 octobre à une rencontre sur le thème : « constituer une perspective politique, nécessairement pluraliste et démocratique, qui représente les salariés, actifs, chômeurs, retraités, jeunes, alternative à Macron, pour le chasser lui et la V° République. », à laquelle avaient notamment participé des représentants du courant ayant depuis constitué la Gauche démocratique et sociale, composé surtout d’anciens militants du PS

Constituer une telle perspective politique, cet objectif n’a-t-il pas plus d’actualité, d’urgence, à présent ? Sans aucun doute.

Et ce n’est pas un objectif séparé de celui visant à réaliser l’unité, la centralisation et donc la généralisation des luttes sociales contre le patronat et l’exécutif. Les cheminots seuls n’y arriveront pas et ils ne seraient pas entrés en grève avec une telle force s’ils avaient été isolés. La question de la vraie grève générale, courte et unie, se pose à présent, et elle pose à son tour la question : chasser Macron, et quoi ensuite ?

Les journées d’action interprofessionnelles annoncées (dont de larges secteurs vont bien sûr se saisir) ne répondent pas à ces questions. Mais plus les forces, courants et militants se situant sur le terrain du mouvement ouvrier et du débat démocratique s’associeront, débattront publiquement des perspectives et affirmeront leur volonté à construire, sur la base des mobilisations, l’alternative politique démocratique à ce pouvoir et à ce régime, plus se renforceront les chances d’un mouvement général et centralisé pour gagner.

C’est pourquoi nous invitons ceux et celles qui, tout en participant aux combats sociaux du moment, veulent avancer sur cette question, à une assemblée-débat le samedi 28 avril, de 14h à 17h à la salle de réunion du « Maltais rouge », 40 rue de Malte Paris 11° (métro République ou Oberkampf). Nous remercions d’ailleurs l’association qui gère cet espace car trouver un lieu de réunion à Paris est un vrai problème démocratique, qui a contribué à retarder notre initiative.

Notre invitation s’adresse à toutes et à tous :

  • les militants syndicalistes qui cherchent la centralisation et l’extension des luttes sociales actuelles,
  • les jeunes qui refusent l’avenir « uber-blanquérisé » que l’on veut leur imposer et parmi eux les syndicalistes étudiants et lycéens,
  • les militants et citoyens mobilisés sur l’appel lancé par F. Ruffin et F. Lordon à un « débordement général » pour « faire la fête à Macron » le 5 mai prochain.

Nous savons bien qu’à partir de nos seules forces nous n’allons pas par miracle associer les milliers et les milliers concernés par ces enjeux, mais, sans aucune exclusive, notre invitation s’adresse tout particulièrement aux courants politiques ou syndicalistes qui, d’une façon ou d’une autre, mettent en avant la nécessité de l’unité pour chasser Macron sans s’aligner sur le calendrier électoral officiel (présidentielle en 2022, municipales en 2020 et européennes en 2019 !) et saisissent ou tendent à saisir comme une question politique à traiter maintenant celle de l’unité et de l’alternative à Macron et à la V° République et donc le débat sur le régime, la constituante, le gouvernement démocratiques nécessaires :

  • le Front social,
  • le POID (Parti Ouvrier Indépendant et Démocratique) qui prépare depuis plusieurs semaines une manifestation le dimanche 13 mai « pour l’unité pour chasser Macron », objectif précis que nous partageons,
  • la GDS (Gauche Démocratique et Sociale) qui appelle à « bâtir un front unitaire contre Macron » et à « l’unité pour une alternative à gauche »,
  • les militants d’Ensemble, du NPA, de l’Association pour une constituante … liste non limitative !

Nous proposons de donner à la réunion du 28 avril le caractère d’une réunion-débat dans laquelle chaque courant ou organisation représenté pourra, pour commencer, présenter ses positions et propositions en une courte intervention liminaire de 10 mn. Le but est d’avoir un débat politique de fond, en prise sur le réel : ni prise de tête, ni happening, mais libre débat entre militants ouvriers, ça urge aujourd’hui !

A propos aplutsoc

Arguments Pour la Lutte Sociale - Ce bulletin, ou circulaire, est rédigé par des militants pour qui le siècle commencé est gravement menacé par le capital, et pour qui la révolution prolétarienne, prise en main de leur destinée collective par les exploités et les opprimés eux-mêmes, est plus que jamais à l’ordre du jour. Il a pour but de fournir des arguments, des éléments politiques, des propositions d’action et matière à débat à toutes celles et tous ceux qui veulent ouvrir, en France et au niveau international, une issue politique aux luttes sociales qui ne cessent pas.
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Un commentaire pour 28 avril 2018 : Libre débat pour une alternative politique

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